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La maladie d’Alzheimer : maladie ou symptôme ? Santé

12
Jan

La maladie d’Alzheimer : maladie ou symptôme ?

L’Alzheimer: maladie ou symptôme ?

Dans la conscience collective, la maladie d’Alzheimer est synonyme de folie, de démence, de perte de l’âme. Une fois porté, ce diagnostic est assimilable à une condamnation, à une mise à mort lente et pénible, corrélée à une perte de l’esprit et destruction de l’être, du soi qui fût avant la foudroyante découverte. Au-delà de la nosologie scientifique de cette pathologie, la maladie d’Alzheimer prend une envergure assez caricaturale, devenant une sorte d’indicatif utilisé à tort ou à raison pour accuser, mettre à l’écart, expliquer, voir rigoler. 

Une maladie qui représente pour d’autres des airs de mysticité, une pathologie dont la richesse et les caractéristiques fournissent un terrain fertile pour l’imaginatif des fantaisistes, aptes à assimiler les histoires de possession de djinns, de malédictions, de maléfices. Un territoire vaste est donc meublé par ce mal, où coexistent scientifiques et neuropathologistes d’un côté, marabouts et charlatans de l’autre, avec assez souvent plus de succès pour les derniers.

Mais qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?

Scientifiquement parlant, la maladie d’Alzheimer représente le chef de file des maladies neurodégénératives définies par une perte progressive de neurones. En conséquence, le cerveau perd progressivement ses capacités intellectuelles (troubles de la parole et du comportement), amnésiques (troubles de la mémoire) et motrices, et l’évolution se fait insidieusement vers un état grabataire.

Les mécanismes pathologiques de la maladie d’Alzheimer sont encore sous études. Plusieurs facteurs génétiques, hormonaux, auto-immuns et neuropsychologiques sont intriqués et malgré les avancées réalisées, un déterminisme exact de la physiopathologie n’est pas encore parfaitement élucidé. Une relative complexité que même bon nombre de professionnels de la santé ont du mal à s’y retrouver, avec une fréquente confusion entre les démences, d’étiologies différentes, et la maladie d’Alzheimer, qui est certes une de ces étiologies, mais loin d’être la seule à incriminer.

Alzheimer : maladie des analphabètes ?

La maladie d’Alzheimer est réputée être celle des sujets âgés, tarés, aux antécédents médicaux chargés. Mais des études récentes affirment que l’Alzheimer sévit chez les populations les moins alphabétisées, puisque avoir fait des études longues semble corrélé avec une meilleure protection contre l’apparition des symptômes. Le maintien d’activité cognitive régulière aiderait à réduire les risques de la maladie, la dégradation des facultés intellectuelles étant d’autant plus réduites que le nombre d’activités augmente.

L’Alzheimer et La médecine moderne.

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer fut remarquablement amélioré par l’essor des moyens d’imagerie et les différents scores neuropsychologiques. Une panoplie d’examens dont la finalité est de porter le plus précisément, et surtout le plus précocement possible le diagnostic. Ainsi pourraient être entamées les démarches thérapeutiques qui en dépit de leur inefficacité dans le traitement de l’étiologie du mal, permettrait de conserver le plus longtemps possible les capacités intellectuelles du malade. L’espoir de découvrir un traitement, voir même un vaccin efficace empêchant l’implosion de la maladie, grandit au fil des jours et des découvertes faites dans les labos de recherche des grandes nations de médecine.

La maladie d’Alzheimer en Tunisie : entre acquis scientifiques et stagnation médiévaliste .

En Tunisie, la situation n’est malheureusement pas pourvoyeuse d’autant d’espoirs. Un manque d’accessibilité aux moyens de diagnostic sophistiqués, avec des appareils IRM encore limitées aux grandes villes, trop souvent en panne. Des praticiens spécialisés en la matière dont les activités se limitent quasiment au périmètre des grands hôpitaux, là encore la notion de recherche scientifique relève plus de la fiction que de la réalité. 

À ceci contribue une population de plus en plus proie, de plus en plus sujette aux paroles des mystificateurs et bonisseurs. Au sein d’une grande partie de ces gens, il est beaucoup plus facile d’expliquer à un patient apraxo-aphaso-agnosique qu’il est porteur d’un maléfice, victime d’un sortilège, ou sous l’emprise d’un cousin éloigné de Satan, que de parler d’une dégénérescence neuronale ou d’atrophie cérébrale. 

Il est aussi plus facile d’expliquer la vue de personnes décédées par une apparition de l’au-delà, que d’une atteinte mnésique épargnant les souvenirs lointains.

Un autre front de combat s’engage alors entre la scientifique et le magique, entre l’intelligence et la damnation. Combattre ou céder ? S’opposer au mal, le combattre, apaiser ses maux, ou y céder, se suffire aux ‘’évidences’’, au destin… 

Un combat dont les limites et dimensions dépassent de loin les enjeux de la maladie elle-même.

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